La bouseuse

La vie à la campagne pour les nuls
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And an happy new year !

  • 3 septembre 2011 16 h 19 min

Pour moi, l’année commence en septembre.

Elle a commencé hier, avec la prérentrée, son cortège de retrouvailles, de nouveaux à accueillir, de projets à proposer.

Ça m’arrange, parce que sans oublier tout ce que cette année a eu de merveilleux, elle s’achève sur un épisode douloureux que j’ai besoin de clore. Notamment après ce signal : ma première crise d’angoisse depuis 6 ans. Il me faut – je veux – tenir mon rôle d’enceinte protectrice pour le petit singe tout nu.

Rentrée étrange pour moi puisque je ne serai là que deux petits mois. Juste le temps d’une apnée. Et encore, il va falloir me ménager pour tenir ces quelques semaines : hier, une simple journée de présence m’a épuisée.

J’ai envie de bonnes résolutions (grâce à Mia et à LioDeBerjeucue)

  • Au travail, me concentrer sur quelques objectifs précis, dont une séquence pédagogique sur les réseaux sociaux.
  • Trouver une activité physique qui me convienne pour les trois prochains mois – je me sens toute rouillée (et j’ai beaucoup de mal à me pencher ou m’accroupir, ce qui exclut le jardinage). Idéalement, pratiquer deux fois par semaine (mercredi et fin de semaine), un quart d’heure minimum à chaque fois. (Des pistes ?)
  • Instaurer un rythme dans notre pratique de l’haptonomie. Deux fois par semaine aussi, ce serait bien !
  • Continuer à faire une part du boulot domestique même si je reprends le travail, et notamment la cuisine et la vaisselle au moins 3 fois par semaine.
  • Côté alimentation, limiter les sucres rapides et privilégier les fruits, donc expérimenter le petit déj de Mia (banane, huile de colza, graines et noix moulues, fruits – elle nous en dira davantage bientôt) une fois par semaine s’il me convient et faire une journée par semaine « sans sucre ».
  • Continuer à noter toutes nos dépenses sur notre carnet et faire un bilan tous les mois.

Notre carnet de comptes, ou Kakebo - ou encore Cabécou selon le Chapeauté.

(PS : Mia, est-ce que cette façon de poser les choses est SMART ?)

 

Parcours chaotique

  • 21 mars 2011 7 h 24 min

J’étais une excellente élève. Brillante en lettres, très bonne en histoire-géo, en langues, bonne en sciences. On a tenté de m’envoyer en S, « puisque j’avais le niveau », en négligeant le fait que je l’avais davantage encore pour faire L, mais j’étais (déjà) têtue et j’ai donc passé, avec les honneurs, un bac littéraire.

Je ne savais pas ce que je voulais faire ensuite. Le journalisme m’attirait, et l’édition, mais je voyais ces milieux comme trop fermés, élitistes, et – on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans – trop loin de mon amoureux. J’ai fais deux jours en fac LEA, langues étrangères appliquées, et puis je suis allée toquer à la porte de la prépa lettres qui avait accepté mon dossier quelques mois auparavant, mais qui avait démarré depuis quelques semaines sans que je donne des nouvelles. Ils m’ont prise.

Un mois après la rentrée de la deuxième année, j’ai claqué la porte. Je faisais pourtant partie du peloton de tête, mais je ne supportais plus la charge de travail, ni la pression – réduite, c’était une petite prépa, mais réelle.

Je suis allée en lettres, à la fac. En même temps, j’ai démarré une année d’espagnol, vite abandonnée. L’année suivante, en licence de lettres, j’ai doublé avec psycho, et abandonné à nouveau. Puis j’ai passé ma maîtrise, non à Madrid comme prévu mais toujours dans la même ville, et vu tous mes collègues partir en IUFM pour devenir professeur de français ou instituteur. Moi je ne voulais pas, mais je ne savais pas ce que je voulais.

Je suis partie. J’ai fait une licence d’éco-droit, destinée à nous préparer « aux concours ». C’était vague, et vaste. Mes collègues, cette fois, voulaient bosser pour les mairies, pour les prisons, surtout ne pas trop s’éloigner de chez eux, gagner leur vie. Dans la foulée, moi, toujours amoureuse des livres, j’ai passé des concours des bibliothèques, et le Capes de documentation, pour voir. J’ai été admissible à ce dernier, mais j’ai échoué aux oraux, tout à fait normalement, c’était la première fois que je voyais le logiciel (central dans une des épreuves).

Comme beaucoup de gens de ma génération (et hélas pas mal d’élèves encore aujourd’hui), je n’avais jamais vu un professeur documentaliste dans ses œuvres, n’avait jamais eu de cours de sa part (dont je me souvienne du moins). Je me suis dit que puisque Capes et circulaire de mission il y avait, tout avait changé, le travail était reconnu, par les collègues, les élèves et les parents, cela n’aurait rien à voir.

J’ai passé et réussi le Capes, bien placée. Lors de mon stage les professeurs « de disciplines » m’ont demandé fréquemment de faire les photocopies ou de réparer les imprimantes, je me suis dit qu’ici de mauvaises habitudes avaient été prises, que l’équipe était vieillissante, davantage bibliothécaires que pédagogues. Puis j’ai été en poste, TZR – remplaçante bouche-trou, dans le jargon – pendant deux ans.

J’ai pris une année sabbatique. J’ai été bénévole dans deux fermes bio : l’une en maraîchage et volailles, l’autre en biquettes et pélardons. Le bonheur. Mais aussi, des conditions de vie proches du dénuement, mais librement choisies.

Le Chapeauté a décidé d’abandonner l’informatique. J’ai repris, eu un poste fixe. J’aime ce métier, j’y mets du sens, même si un millier de choses m’agacent ou m’exaspèrent. J’y ai encore beaucoup à faire et beaucoup à apprendre. Mais je crois aussi que d’ici une dizaine d’années il n’existera sans doute plus.

Alors je me pose la question : quelle sera la prochaine étape ?

 

Du féminisme, de l’indépendance et de mon couple

  • 8 décembre 2010 10 h 14 min

A la formation de planteur d’arbres où il étudie cette année, le Chapeauté passe pour un macho.

(Ceux qui connaissent le Chapeauté se marrent).

Et pourquoi donc ? Parce que dans notre projet de vie, c’est moi qui fait un travail salarié et lui qui reste à la maison pour cultiver notre jardin, porter les enfants en écharpe et assurer qu’on mange des trucs ultra-bons ultra-frais ultra-locaux toute l’année.

Si j’ai bien compris, ses camarades de classes, de jeunes femmes très indépendantes, lui ont reproché d’être un exploiteur, qui se la coule douce aux frais de la princesse qui trime (oui, la princesse, c’est moi)

(Ceux qui me connaissent se marrent).

Je suis persuadée que s’il avait dit : « Moi, je ramène les sous, et mon épouse s’occupera des enfants et du jardin », il ne serait pas davantage considéré comme le féministe qu’il est …

Il me semble que dans cette conversation, le vrai enjeu n’est pas l’égalité entre hommes et femmes, mais l’indépendance au sein du couple.

Le Chapeauté et moi nous considérons comme égaux (mais pas comme identiques, et nous ne croyons pas devoir l’être). Mais nous ne sommes guère indépendants, et notre projet de petite ferme est réellement commun. Mon salaire est un moyen de nourrir ce projet. D’une certaine façon,  et malgré nos emplois séparés, nous travaillons ensemble.

Si l’un de nous quitte le projet, celui-ci n’est plus viable. Et alors ? Il n’aura plus de raison d’être sous cette forme.

La dépendance n’est pas indispensable au couple, mais elle peut être choisie et assumée. Encore faut-il savoir de quelle dépendance on parle : il me paraît plus important de pouvoir penser sans l’autre que d’avoir ou pas le permis de conduire.

Dans cet article sur le revenu garanti, lu avant-hier, il est proposé « plutôt que de rechercher l’autosuffisance, [d'] assumer l’interdépendance. »

L’autosuffisance totale est un mythe. Nous n’avons pas cuisiné les plats qui nous ont nourris pendant des années, nous n’avons pas construit les écoles où nous avons appris (ou désappris), nous n’avons pas écrit les livres que nous avons lus.
Il y a des projets que l’on ne peut faire seul. Il y a le fait qu’on ne peut pas savoir si le couple durera. Est-ce une raison pour ne pas essayer ?