Rhâââââ !
La belette est dans mes bras, en peau à peau.
Bien qu’elle ait mangé (au DAL au doigt, parce qu’au sein, no way) il y a moins d’une heure, elle commence à s’agiter de sa façon à elle quand elle a faim.
Bien que j’ai tiré mon lait il y a moins de deux heures, mon corps réagit et mes seins commencent à perler. les gouttes de lait tombent directement dans la bouche de la belette.
Qui se met à hurler et à repousser le sein en question.
( Le même lait qu’elle prend sans problème et avec une patience incroyable au DAL)
FRUSTRATION.
J’espère vraiment que l’ostéo ou le pédiatre amélioreront les choses, parce que AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH quoi.
(Je commence à me demander s’il est possible de tirer son lait et d’en nourrir son enfant au biberon durablement. Pour le moment, ma production continue à augmenter et à suivre « presque » les réclamations de la belette, qui est peu complémentée, sans doute grâce au portage et au fait qu’elle dorme sur moi.)
Je n’ai pas le temps de répondre à chaque commentaire (je ne trouve même pas le temps de remercier chaque personne pour les cadeaux que le facteur amène chaque jour), mais MERCI pour votre soutien et les pistes proposées. J’ai le sentiment d’avoir un peu fait le tour et d’être au clair avec mes motivations, on se laisse un peu de temps, celui de voir les soignants et celui d’attendre un déclic de la part de la belette. Laquelle va bien, est de plus en plus tonique, grossit et sait très bien réclamer la boustifaille. Et malgré la frustration énorme engendrée par ce désamour entre mes seins et ma fille, on partage tous les trois de grands moments de bonheur – et mêmes quelques fous rires. Il fait bon vivre au coin du feu.
(Oui, par contre, je prends le temps de bloguer, parce que Rhaaaaaaaaaaaaaaa quoi !)
L’allaitement n’est pas un long fleuve tranquille
… en tous cas pas pour moi.
Je ne partais pas en le croyant, cela dit. J’avais lu, sur le sujet, de chouettes bouquins, et beaucoup de témoignages, notamment sur le blog de Maman sur Terre. Il me semblait être outillée pour les difficultés de l’allaitement, en tout cas les aborder en connaissance de cause.
Et puis finalement, la difficulté est apparue là où je ne l’attendais pas.
Mon corps produit du lait, il réagit au moindre vagissement de la belette en faisant perler quelques gouttes. Je n’ai pas de douleurs, pas de crevasses.
C’est la belette qui ne tête pas. Elle est devant mes seins comme une poule devant un couteau. Elle a vaguement essayé de téter, quelques jours, elle n’arrivait qu’à me faire des suçons, malgré l’aide de la maternité. On a tenté les bouts de seins, un mieux certain sur le moment (nous avons vécu une poignée de têtées magnifiques, quel bonheur), mais la belette continuait à prendre trop peu, trop peu souvent, à s’épuiser sur le sein, à perdre du poids, et finalement à se déshydrater.
En désespoir de cause, au soir de son dixième jour de vie terrestre, alors qu’elle n’avait pas bu depuis le midi, qu’on n’arrivait pas à la réveiller, ni même à lui faire prendre un peu de lait tiré à la seringue ; alors qu’on était à deux doigts de l’emmener aux urgences, on lui a donné un biberon de lait artificiel.
Nous avons bien fait, personne ne me convaincra du contraire (et même la dame de la Leche League en convient, je connaissais leur réputation de compétence mais aussi de radicalité, et je suis tombé sur quelqu’un toute écoute et compréhension). La belette était en danger, et nous avons réagi en parents.
Depuis, la belette est au biberon. On nous a conseillé un DAL, que Snana (soit-elle couverte de gloire et de douceur ainsi que ses descendants sur dix-huit générations) a eu la gentillesse de nous envoyer et que nous avons reçu aujourd’hui. Dans l’intervalle, j’ai tiré mon lait (3/4 d’h toutes les 3 h, jour et nuit) et nous avons complété avec du lait artificiel, au biberon. L’important était d’abord que la belette retrouve des forces (ce qu’elle fait), et les tétées étaient toujours aussi laborieuses, et douloureuses – émotionnellement – pour moi.
Le DAL, testé aujourd’hui, ne fait pas (encore) de miracle. La belette ne sait toujours pas quoi faire devant mon sein – la dame de LLL nous recommande d’essayer avec les bouts de sein, nous verrons demain – mais elle n’a pas perdu le réflexe de succion puisqu’elle a pris ses deux dernières tétées au doigt (grâce au DAL).
Je suis absolument épuisée et j’ai l’impression de ne pas profiter de mon enfant – et du Chapeauté. Et pourtant je n’arrive pas à renoncer à l’allaitement maternel.
Dans la situation actuelle, nous cumulons les inconvénients de l’allaitement maternel et de l’allaitement artificiel. Il y a bien des choses qui ne dépendent que de moi (tirer mon lait, donner le sein) et des tétées fréquentes et longues comme pour un allaitement maternel ; mais il y a aussi de la vaisselle en quantité, l’achat de lait en poudre et des régurgis impressionants dus à l’allaitement artificiel.
Et pourtant je n’arrive pas à renoncer à l’allaitement maternel.
Objectivement ce serait pourtant plus simple : les biberons sont plus rapides à préparer et à donner, ils profitent à la belette, son père aime les donner, nous pourrions dormir davantage et être plus disponibles pour les périodes d’éveil de la belette et l’un pour l’autre. Sans compter que je passerais sans doute moins de temps à pleurer que ce soit si dur une fois que j’aurais renoncé un bon coup, et que tout le monde en profiterait.
Et pourtant je n’arrive pas à renoncer à l’allaitement maternel.
Et puis mes arguments rationnels en faveur de l’allaitement maternel perdent du poids au fur et à mesure des difficultés. J’en aimais le côté pratique, nous voilà dans un système chiant et chronophage au possible. Je suis persuadée qu’au niveau de la santé, c’est (un peu) mieux que le lat artificiel pour l’enfant ; mais cette gamine, je lui ai donné un bon peu de mes gênes de jamais-malade, et je lui transmettrai sans doute un jour l’hygiène (douteuse) qui m’a valu ce système immunitaire de folie. Et si j’ai une envie profonde de connaître la relation profonde que l’allaitement contribue à construire entre l’enfant et sa mère, je suis persuadée qu’on peut donner aussi des biberons plein d’amour.
Et pourtant … vous avez compris.
En attendant qu’un déclic se fasse, dans un sens ou lautre, nous avons rendez-vous chez l’ostéo et le pédiatre la semaine prochaine et la suivante, la sage-femme vient nous voir vendredi, la dame de LLL me rappelle demain, nous tenterons le combo DAL et bouts de sein dès demain matin (cette nuit ce sera DAL au doigt), le Chapeauté va harceler les pharmacies en quête d’un tire-lait de location qui permette une opération plus rapide et moins enchaînante, la belette est toujours dans mes bras ou dans ceux de son père, on lui explique tout le foutu boxon, et moi je vais essayer de ne pas perdre de vue que notre belette va bien, prend du poids, sait qu’on l’aime.
Merci mille fois pour tous les cadeaux que nous recevons tous les jours (sauf le dimanche) pour célébrer la naissance de la belette. Dans ces temps un peu difficiles, cela fait un bien fou !
… et on passe à la tisane
J’ai oublié de vous le dire hier, dans le cadre de ce régime pro-cholestérol pro-fer pro-iode et je ne sais plus quoi encore, il faut aussi que j’évite le thé.
Plus précisément il faut que j’évite le thé en même temps que je prends certains compléments ou que je mange certaines choses parce que ça risque d’empêcher l’absorption de ce qu’on s’échine à me faire absorber justement : le fer et/ou l’iode.
Mais comme je bois du thé toute la journée, et que je ne veux pas réfléchir à quand est-ce que j’y ai droit ou pas, je suis passée à la tisane.
Pour le moment la transition est assez pourrie, à part une tisane en vrac appelée « Tendre est la nuit » (que j’ai finie) et les « thés » tchaï (des mélanges d’épices), je trouve que la plupart des tisanes ont un goût de coupe-faims ou de cataplasmes d’estomac.
En même temps, c’est pas bien grave, ça me donnera une occasion de descendre à Toulouse dévaliser un magasin de thés. Ou de faire un peu de botanique pour reconnaître les plantes du thé de l’Aubrac.
Engrais verts