Votons utile
Dans une démocratie, voter utile, c’est voter pour le programme, le parti, ou le candidat, qui est le plus proche de nos convictions.
Si on oubliait les sondages, c’est ce qu’on ferait. Si on oubliait la débandade d’il y a dix ans, c’est ce qu’on ferait.
Ou même si, sans rien oublier, on ouvrait les yeux. Le contexte, les forces en place n’ont rien à voir.
Il y a des personnes de gauche dans ce pays qui vont voter pour un programme que j’estime être à droite, mais plus important, qu’ils estiment eux-mêmes être à droite. La comparaison des réponses de l’UMP et du PS à des travailleurs qui craignent pour leur boîte est édifiante.
Ne laissons pas la trouille voter pour nous. Les reports des voix de la « gauche » à la gauche ne permettront pas à Le Pen d’être au second tour.

Votez pour qui vous voudriez voir au deuxième tour. Mieux : votez pour qui vous voudriez voir président. Même si ses chances vous paraissent minces. Faites comme si on était en démocratie ; c’est peut-être notre dernière chance d’avoir une raison d’y croire.

« Je ne suis pas féministe, mais … »
Cette phrase me donne envie de mordre (et pas comme tu aimerais).
Être féministe, c’est croire qu’hommes et femmes devraient naître égaux en droits, et éventuellement se battre pour.
Quand tu dis « Je ne suis pas féministe, mais », tu dis « Je crois que la femme est inférieure à l’homme, mais » . (Pas juste différente, non, inférieure. J’insiste.)
Tout de suite, c’est moins classe, non ? Ça sent moins la fille libérée-mais-qui-aime-les-hommes-pas prise-de-tête, et plus l’imbécilité, tu ne trouves pas ?
Quand j’étais jeune (au lycée), je n’aimais pas le mot féministe, je disais « égalitiste ». Aujourd’hui j’entends pas mal de gens dire « Je ne suis pas féministe, je suis humaniste ».
Ok. Sauf qu’aujourd’hui, même en France, les femmes sont traitées comme inférieures aux hommes. Donc c’est bien, en priorité, les droits des femmes qu’il faut défendre pour arriver à l’égalité entre hommes et femmes. D’ailleurs, la plupart des courants féministes défendent ponctuellement ou systématiquement les droits des hommes (contre les pubs qui transforment les hommes en objets sexuels, pour le congé paternel …). Donc se dire humaniste, égalitiste ou autre, pourquoi pas : mais du coup, on est aussi féministe.
Soit dit entre parenthèses : il est vrai que nous ne sommes pas les plus à plaindre au monde, nous les femmes françaises, nous dit-on régulièrement comme si le fait que d’autres en chient davantage devrait nous inciter à accepter notre sort plutôt qu’à chercher l’égalité chez nous. (Faudra au passage m’expliquer en quoi ça aide les femmes afghanes que je me la boucle sur ce qui se passe ici).
Lire, suite à la campagne « Mademoiselle : la case en trop », par des gens que j’aime bien en plus, « les féministes sont folles », « les féministes sont connes », « les féministes sont les ennemies de la femme », ça me donne envie de frapper. (Je ne parle pas de la campagne, qui me laisse assez indifférente, et je me fiche un peu de la case en question (qui ne devrait pas exister, légalement), donc j’en cause peu. Mais les réactions …) (Si tu veux tu peux lire Crêpe Georgette sur le sujet)
« LA féministe » n’existe pas. Il y a plein de courants différents, mettre tous les féministes dans le même panier est absurde (ou de mauvaise foi).
Le seul point commun de tous les féministes, c’est de croire que femmes et hommes sont égaux. Ouh les folles (et les fous), les connes (et les cons) … (et oui, il y a des hommes féministes).
Les mots ont un sens.
J’ai pas de conclusion, fais-la toi-même.
Mon premier souvenir politique
Comme beaucoup de personnes de ma génération j’imagine, mon premier souvenir politique est la chute du mur de Berlin. J’avais 8 ans, je venais de me coucher, et j’entendais mes parents se chamailler, sur un ton pourtant gai, sur l’opportunité de me réveiller. Finalement, mon père a eu gain de cause, et nous nous sommes assis tous les trois autour de la radio posée sur une table de cuisine.
Mon souvenir doit se mélanger avec d’autres, je croyais qu’on était en vacances à ce moment là, que nous n’étions pas chez nous. Mais nous ne partions qu’en août, les dates ne correspondent pas.
Il a dit « Rappelle-toi : c’est un évènement historique ».
Je ne comprenais évidemment rien ou presque, mais je me souviens de la gaieté de mes parents, de l’exaltation des voix dans la radio.
Je me souviens de la joie.
Engrais verts