La bouseuse

La vie à la campagne pour les nuls
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La vie dans les livres

  • 16 octobre 2011 17 h 35 min

Quand j’étais gamine, je lisais énormément.

Je lisais en prenant le petit déjeuner, je lisais en me brossais les dents, aux toilettes, dans la rue en marchant jusqu’à l’école, je planquais mes livres sous la table quand j’avais fini les exercices, je quittais la table le plus tôt possible pour lire, je lisais à la place de faire la sieste et dans mon bain, je m’endormais en lisant.

 

Ma mère s’est un peu inquiétée, je crois. Mon père aussi, mais il faisait pareil. D’autant plus ?

 

Est-ce que je fuyais la réalité ? Est-ce que je me retranchais dans les livres (en compagnie du chat) parce qu’ils me faisaient moins peur que les humains qui m’entouraient ? Est-ce que j’étais si peu douée pour la vraie vie que je me réfugiais dans la fiction ?

 

Car oui, je ne lisais, et c’est resté vrai jusqu’à il y a très peu, que de la fiction, et un peu de tout : théâtre, nouvelles, roman, contes, livres pour enfants, horreur, polar, fantastique, SF, classiques, contemporains, livres kleenex et œuvres intemporelles, j’ingurgitais tout en vrac, et ne faisais le tri qu’à partir de la deuxième ou troisième lecture.

 

Avec la bibliothèque de mes parents, à laquelle j’ai depuis toujours eu accès librement, j’avais de quoi faire, un millier de livres ? Plus ? Et puis, à partir du collège, le CDI. Où j’empruntais à tour de bras, et parfois sans le signaler – quand j’avais dépassé mon nombre d’emprunts autorisés (du coup quand un élève « vole » un livre j’ai une indulgence de vieille complice).

Oui, je fuyais la réalité, il m’était plus facile de bouquiner dans mon coin que d’affronter le rejet possible de mes congénères, mon malaise face au jeu social auquel je ne pigeais rien sauf que j’y risquais gros, la haine de moi que j’en ressentais ensuite.

 

Mais pas seulement.

 

La fiction est une porte, pas un passage à sens unique. Elle nous aide à fuir la réalité, elle nous permet d’y entrer aussi.

Je me suis construite avec les bouquins que j’ai lus. Tout ce que je savais de l’amour à 10 ans, je l’avais compris dans Cyrano de Bergerac, et à 15, avec Belle du seigneur. Tout ce que je connaissais de l’amitié, je le devais à Tom Sawyer, à Ça, à Shakespeare, et de la fraternité, à La Virevolte, aux Malaussène ou à la Saga des enfants Tillermann.

Aujourd’hui je lis moins, même si je lis toujours beaucoup et que je me suis débrouillée pour que ça fasse partie de mon boulot. Je connais l’amitié, l’amour, l’engagement de première main, mais je crois que cette expérience est d’autant plus riche, intimement, profondément vécue qu’elle a été préparée par leurs lectures.

 

Et de temps en temps je reconnais un camarade venu de la même histoire, des mêmes histoires. On fait partie de la même bande, avec un gars qui a décidé de vivre toujours dans les arbres et un quatuor d’enfants perdus mais déterminés.

Tombés dans la marmite quand on était petits, jamais sortis, et pour quoi faire ? Nous sommes des amphibies heureux.

 

Je ne dirai plus de mal de Marc Levy

  • 20 mars 2011 8 h 19 min

Ni même de Bernard Werber.

Mercredi dernier, j’étais à la réunion du club littéraire.

C’est la quatrième réunion à laquelle j’assiste, et je ne suis pas sûre de poursuivre : il y a dans les discussions, les lectures, et même la façon de s’habiller pour l’occasion de ces femmes (hé oui, là encore) une sorte de distance, comme si elles se félicitaient d’être tellement cultivées, qui me met mal à l’aise.

Nous parlons des lectures que nous avons aimées ces derniers temps, puis une des membres nous fait part de son dégoût pour « ce petit livre quei fait un grand bruit, et qui est creux, creux, et mauvais … comment les gens peuvent-ils lire cela ? »

J’avais l’impression de m’entendre parler de Werber (ou de Levy).

Il se trouve que le petit livre en question, je l’ai lu, et aimé. Ce n’est en effet pas de la littérature, c’est un témoignage gai, sans aucune prétention, tendre et, je crois sincère. Je l’ai même prêté à une amie qui l’a adoré.

Pendant la diatribe de cette personne, j’ai rougi, comme à l’école quand j’avais l’impression que le prof critiquait les fautes que j’avais faites dans la copie qu’il allait nous remettre. J’ai pris la parole, bien trop âprement, pour défendre ce petit livre et ces petites lectures, et je me suis sentie petite, pas à ma place.

J’étais partagée entre l’envie de dire que je lisais aussi Tolstoï et Zola et celle de leur dire d’aller se faire voir. Je n’ai évidemment pas dit grand-chose, à part tout le mal que je pense de Houellebecq.

Je ne veux pas faire partie de cette petite élite. Je ne veux pas être snob. Alors je ne dirai plus de mal des auteurs que je n’aime pas à ceux qui les aiment. (Mais je vais pas en dire du bien non plus, hein.)
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Un jeu avec des titres de bouquins

  • 25 février 2011 20 h 15 min

C’est Lizly qui m’a mise au défi avec ce tag, qu’elle avait piqué chez La Dame du CDI. Il consiste à répondre à un certain nombre de questions avec des titres de livres qu’on a lu dans les 12 derniers mois, chose que je suis incapable de faire avec ma mémoire de sardine, alors je triche, et je regarde les titres dans ma bibliothèque. Avec une lampe de poche en me penchant sur l’accoudoir du canapé, ce qui fait rire le Chapeauté.

 

Décris-toi : Désirs et réalités, de Nancy Huston.

Comment te sens-tu ? La vie devant soi, de Romain Gary.

Décris là où tu vis actuellement. Un jardin dans les Appalaches, de Barbara Kingsolver.

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu ? Yonder, de Siri Hustvedt. (« c’est entre ici et là »)

Ton moyen de transport préféré ? La virevolte, de Nancy Huston

Ton/ta meilleure amie est : Chers disparus, de Claude Pujade-Renaud

Toi et tes amis, vous êtes : des Voix dans la nuit, d’Armistead Maupin

Comment est le temps ? L’Ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon.

Ton moment préféré de la journée : Maintenant ou jamais, de Primo Levi.

Qu’est la vie pour toi ? Prodige, de Nancy Huston.

Ta peur ? La conjuration des imbéciles, de John Kennedy Toole.

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner ? L’huile d’olive ne meurt jamais, de Sophie Chérer

Pensée du jour : Que nous apprennent les enfants qui n’apprennent pas ? (Anonyme par excès d’auteurs)

Comment aimerais-tu mourir ? Dolce agonia, de Nancy Huston (oui j’aime beaucoup Nancy Huston et j’aime aussi ses titres)

La condition actuelle de ton âme ? La Trace du papillon, de Mahmoud Darwich (je ne suis pas sûre de comprendre cette question, en fait, mais ce titre m’évoque l’idée d’une âme. Je ne sais pas si je crois en l’âme, mais si j’y crois, ça ressemble à quelque chose comme une trace de papillon. mais chut, je triche).

 

L’heure de manger, je file ! Merci Lizly, c’était drôle et démarrait bien mes vacances.