La bouseuse

La vie à la campagne pour les nuls
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« Je ne suis pas féministe, mais … »

  • 28 septembre 2011 8 h 09 min

Cette phrase me donne envie de mordre (et pas comme tu aimerais).

Être féministe, c’est croire qu’hommes et femmes devraient naître égaux en droits, et éventuellement se battre pour.

Quand tu dis « Je ne suis pas féministe, mais », tu dis « Je crois que la femme est inférieure à l’homme, mais » . (Pas juste différente, non, inférieure. J’insiste.)

Tout de suite, c’est moins classe, non ? Ça sent moins la fille libérée-mais-qui-aime-les-hommes-pas prise-de-tête, et plus l’imbécilité, tu ne trouves pas ?

Quand j’étais jeune (au lycée), je n’aimais pas le mot féministe, je disais « égalitiste ». Aujourd’hui j’entends pas mal de gens dire « Je ne suis pas féministe, je suis humaniste ».

Ok. Sauf qu’aujourd’hui, même en France, les femmes sont traitées comme inférieures aux hommes. Donc c’est bien, en priorité, les droits des femmes qu’il faut défendre pour arriver à l’égalité entre hommes et femmes. D’ailleurs, la plupart des courants féministes défendent ponctuellement ou systématiquement les droits des hommes (contre les pubs qui transforment les hommes en objets sexuels, pour le congé paternel …). Donc se dire humaniste, égalitiste ou autre, pourquoi pas : mais du coup, on est aussi féministe.

Soit dit entre parenthèses : il est vrai que nous ne sommes pas les plus à plaindre au monde, nous les femmes françaises, nous dit-on régulièrement comme si le fait que d’autres en chient davantage devrait nous inciter à accepter notre sort plutôt qu’à chercher l’égalité chez nous. (Faudra au passage m’expliquer en quoi ça aide les femmes afghanes que je me la boucle sur ce qui se passe ici).

Lire, suite à la campagne « Mademoiselle : la case en trop », par des gens que j’aime bien en plus, « les féministes sont folles », « les féministes sont connes », « les féministes sont les ennemies de la femme », ça me donne envie de frapper.  (Je ne parle pas de la campagne, qui me laisse assez indifférente, et je me fiche un peu de la case en question (qui ne devrait pas exister, légalement), donc j’en cause peu. Mais les réactions …) (Si tu veux tu peux lire Crêpe Georgette sur le sujet)

« LA féministe » n’existe pas. Il y a plein de courants différents, mettre tous les féministes dans le même panier est absurde (ou de mauvaise foi).

Le seul point commun de tous les féministes, c’est de croire que femmes et hommes sont égaux. Ouh les folles (et les fous), les connes (et les cons) … (et oui, il y a des hommes féministes).

Les mots ont un sens.

J’ai pas de conclusion, fais-la toi-même.

 

Il n’y a que des femmes au groupement d’achat

  • 10 mars 2011 12 h 16 min

et ça m’énerve.

On a en gros une réunion par trimestre, où l’on fait notre commande groupée, et une fête par an, où l’on mange ensemble, décide des orientations et notamment des fournisseurs pour l’année à suivre, et éventuellement planifie la projection de tel film ou la rencontre avec telle association. Nous sommes dix « familles ».

Dans les réunions de commandes, il y a en général dix femmes, et un homme, celui qui habite là. Parfois un autre, qui accompagne sa conjointe. Depuis deux ans que je suis dans ce groupement d’achat, je n’y ai jamais vu un homme venir seul (y compris le Chapeauté), alors que la plupart du temps les femmes ne sont pas accompagnées.

Ça m’énerve. J’ai mis le sujet sur le tapis lors de la dernière fête – où les hommes sont plus nombreux, on atteint presque la parité, du moins au moment du repas. Mais je l’ai fait au moment de la réunion, et ils n’étaient pas encore arrivés ou déjà repartis.

Et là, surprise : gros processus collectif de déni. Chaque femme présente expose que son fonctionnement de couple est très égalitaire, que si son conjoint ne s’occupe pas des courses ça n’a rien à voir avec un schéma classique de répartition homme femme, c’est un choix de couple, personnel, lalala.

Hé, nous aussi on a une excellente raison pour laquelle le Chapeauté ne vient jamais seul à ces réunions : il n’a pas le permis, et pourquoi j’y vais souvent seule, il est absent la semaine. Et pour Unetelle, c’est qu’il garde les enfants, pour une autre, qu’il est encore au travail, etc … Je ne suis pas en train de remettre en cause telle ou telle organisation personnelle, ou de dire que nous faisons mieux que vous autres – on fait pareil.

Mais si sur dix familles, la totalité ont fait le choix personnel et librement assumé que ce soit Madame qui s’occupe des courses, on peut en faire le constat et y réfléchir, non ?

 

Cadeaux de Noël et égalité des sexes.

  • 11 décembre 2010 18 h 51 min

Je considère qu’hommes et femmes sont égaux, et par conséquent, qu’une femme comme un homme devrait avoir un bagage minimum pour être autonome : savoir cuisiner et  réparer la plomberie, changer une couche aussi bien qu’une roue de vélo/voiture, prendre soin de soi et des autres, faire pousser ses légumes, connaître les bases de l’electricité et de la mise en conserves …

(J’ai encore des apprentissages devant moi !)

Je suis très énervée à l’idée qu’on pousse les petits garçons, à l’école et même avant, à être combatifs et durs à la douleur (et donc à ne pas s’écouter, à se couper de leur émotions). Je suis tout autant furieuse de savoir que ces « qualités » leur favoriseront leur « réussite » scolaire et professionnelle dans un monde compétitif, alors qu’on aura enseigné aux petites filles la douceur et la discrétion, qui seront autant de boulets dans le même cadre.

 

En gros, je considère que l’inégalité des sexes fait du mal aux femmes et aux hommes. Certains courants de pensée considèrent qu’hommes et femmes sont potentiellement identiques en tous points sauf certains points physiques (et encore, les différences sont plus ou moins prononcées), et que c’est un façonnage culturel qui nous pousse à penser en terme de féminin/masculin. Je ne sais pas si j’adhère à ces théories, mais à tout prendre je les trouve plus créatrices de liberté que dangereuses : j’ai donc une certaine sympathie pour elles.

Tout cela pour vous dire que je vais assez loin dans ma perspective féministe. Nota bene, féminisme : mouvement politique qui prône l’égalité réelle entre les hommes et les femmes.

Vous comprendrez donc mieux mon propre énervement à avoir vu une jeune femme choisir pour Noël ces cadeaux : pour un petit garçon, une panoplie d’expériences scientifiques ; pour une petite fille, un sac à main avec des papillons roses.

Je lui ai demandé la liste des cadeaux précédents pour les deux enfants : pour la petite fille, un déguisement de fée, un autre de sirène, un livre sur les princesses, un tableau pour jouer à la maîtresse ; pour le petit garçon, un déguisement de cow-boy, un guide des insectes, un livre sur Cyrano de Bergerac, une sortie au planétarium

J’étais stupéfaite.

La jeune femme, c’est moi.

C’est pas gagné …

C’est la première fois que je me rends compte de cette tendance en moi. J’ai donc ramassé ce qui restait de ma dignité, reposé mes jouets, et suis retournée réfléchir dans mon coin. Mon coin où sont passés les copains et copines pour en discuter (y avait du thé et des gâteaux).

Je ne suis pas du tout sûre que ma nièce aimerait un jeu scientifique. C’est elle qui réclame du rose, des princesses et des figurines de bestioles aux yeux de manga. En même temps, si chacun renforce, en toute innocence, en toute inconscience, « pour lui faire plaisir » depuis ces 3 ans (l’âge où elle est entrée à l’école et où la sauvageonne est devenue petite fille) ces aspects de sa personnalité …

Je suis sûre que mon petit beau-frère ne saurait pas quoi faire d’un sac à main (rose). Mais j’aimerais bien lui dire qu’il n’est pas obligé d’aimer les maths, le foot et la bagarre … et de détester jouer à la dînette, ou dessiner des princesses …

Du coup, on a choisi des films de Miyazaki pour le petit gars qui ne les connaît pas, et les albums Mon chat le plus bête du monde et consorts pour la petite fille.