La bouseuse

La vie à la campagne pour les nuls
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Aujourd’hui,

  • 18 février 2011 15 h 36 min

Je suis là-bas.

Écrire « fun et fin », tel était le défi lancé par la rédac chef de la semaine.

Pas vraiment ma cocotte en fonte ou ma tasse de thé. J’ai souffert sur ce texte sans prétention bien plus que sur d’autres que j’aime davantage.

Mais il me plaît bien. Et vous ?

Je croyais avoir trouvé mon petit fil d’écriture, un filet d’une voix singulière qui était la mienne.Et puis j’ai voulu changer, à la recherche de la légèreté.

Je relis mes textes d’il y a quelques années, certains me semblent contenir de sacrées promesses. Suis-je plus lucide ou moins exigeante qu’alors, quand je les jugeais empotés, sentimentaux ? Mes textes d’aujourd’hui me paraissent bien pauvres à côté.

Où j’ai rangé ma plume ?

Quand j’étais petite et que je voulais être grande

  • 10 octobre 2010 9 h 16 min

Quand je serai grande j’aurai un prénom classe, comme Elsa. Elsa c’est une grande à l’école, dans le bus elle s’assoit devant moi, je passe tout le trajet à regarder ses cheveux très clairs qui tombent en cascade sur ses épaules. A chaque fois j’imagine un visage magnifique et je suis surprise quand elle se retourne, elle a l’air un peu méchante avec ses yeux foncés et son menton qui avance. Mais elle a les plus beaux cheveux du monde et tous les matins de dos c’est une princesse, et c’est parce qu’elle s’appelle Elsa. Elle s’appellerait Martine ou Josepha comme moi elle n’aurait pas de si beaux cheveux, et peut-être aussi qu’elle aurait comme moi une queue de cheval avec plein de chouchous de toutes les couleurs. Quand je serai grande j’aurai un nouveau prénom et de beaux cheveux que je porterai lâchés comme Elsa.

Quand je serai grande je serai fermière et catéchèse et aussi journaliste et écrivain. Quand je serai fermière je vivrai en Haute-Saône parce que c’est là qu’il y a des fermes. J’aurai beaucoup de vaches et de travail et j’aurai la peau du visage et des bras tout bruns et épais parce que c’est un dur métier où on est tout le temps dehors. Mais je serai jolie quand même et le mercredi je mettrai une longue jupe pour faire le caté des petits au village, comme Mme Grandmougin qui est ma catéchèse et qui est fermière et qui est la femme la plus gentille du monde. Et d’ailleurs son fils Benoît c’est lui qui court le plus vite. Toutes les filles à l’école sont amoureuses de son meilleur ami mais moi c’est Benoît que je suis amoureuse de. Donc peut-être c’est dans la ferme de ses parents que je mettrai mes vaches, et Mme Grandmougin m’apprendra à coudre. Du coup je porterai des grandes jupes comme elle et aussi des pantalons larges pour travailler aux champs. Et des bottes en caoutchouc. J’en ai déjà, elles sont bleues et blanches, avec « aigle » marqué dessus. Mais j’aimerais bien en avoir des avec des coccinelles comme Virginie. J’espère que quand je serai grande il y en aura encore.

En même temps quand je serai romancière, j’habiterai toute seule dans une maison au bord de l’océan. Je pourrai pas rester en Haute-Saône parce qu’il n’y a pas d’écrivains. Et puis de toutes façons ce sera un peu secret pour les gens de ma famille et de mon village, sinon ils vont croire que je fais mon intéressante. Déjà que maman a encadré mes poèmes pour les afficher dans l’entrée et tout le monde se moque de moi parce que c’était il y a trois ans et c’est des poèmes de bébés forcément. Avant je m’en rendais pas compte mais maintenant si. Si je suis écrivain, je m’habillerai comme en déguisement tous les jours, comme ma Barbie que j’ai eue à Noël. Je lui ai fait essayer toutes ses tenues : princesse, femme d’affaires avec un tailleur et des chaussures à talons rouges, cavalière, petite robe pour aller en discothèque … après ma cousine m’a dit qu’on pouvait pas faire aller Barbie en discothèque toute la journée parce que ça ouvrait que la nuit. De toutes façons elle m’énervait Barbie avec son visage qui bouge pas et son air d’être toujours parfaite, alors je lui ai coupé les cheveux très courts et j’ai barbouillé ses lèvres au stylo bleu. Après je l’ai cachée sous mes vieilles peluches. Mais quand même j’aimais bien ses habits et si je suis écrivain et que j’habite loin je pourrai m’habiller comme je veux et personne ne m’embêtera.

 

 

Ceci est ma participation au concours croisé « Quand je serai grande » organisé par Viriginie B. et Chocoladdict. Je me suis bien amusée (avec toujours un petit serrement de cœur quand je replonge en enfance), merci à elles !

Voldemag

  • 8 octobre 2010 8 h 02 min

Depuis quelques semaines, je propose parfois des petits textes à Voldemag, le blog collectif dont on ne dit pas le nom.

A chaque fois je me mets une belle pression, parce que sur Voldemag, il y a des gens dont j’admire l’humour, la plume et l’intelligence. J’y ai découvert de vrais talents (ce texte m’a ébouriffée par exemple), et aussi de belles âmes. Des gens à qui j’ai envie de faire des poutous, carrément.

Eux n’ont pas l’esprit de sérail, je crois, mais moi, j’ai peur de ne pas avoir ma place. Comme souvent, hein.

Alors le dimanche soir – délai auto-imposé d’envoi, j’ai plus le temps de me poser de questions, et ça vient comme ça vient. Et je clique sur « envoyer » sans me relire par peur de tout effacer, et du coup il y a plein de fautes d’orthographe que je corrige la veille de la publication.

Mes trois articles pour Voldemag  :  musique, grève et enfance.