La bouseuse

La vie à la campagne pour les nuls
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I’m awesome

  • 9 novembre 2011 14 h 48 min

Il y a quelques jours, le jour même où j’entrais officiellement dans mon neuvième mois de grossesse, j’ai reçu un mail.

Des mots d’une très proche, violents, peut-être cruels, en tous cas maladroits, destructeurs. Venant de la pire personne pour les prononcer, et au pire moment, celui où j’ai besoin de confiance en moi, de grandir, et de rester dans ma bulle. (Oui, accoucher pour la première fois est une perspective un peu flippante, quand même. Mieux vaut ne pas avoir l’estime de soi en berne, ni le moral à plat.)

J’ai pleuré, beaucoup, douté, me suis sentie brisée, reniée, salie. J’ai parlé avec les amis, avec mon amoureux (et avec ma petite fille pour lui expliquer que ce n’était pas son histoire, à elle) ;  j’ai montré cette lettre, entendu les retours. J’ai remué, j’ai relu, j’ai refait une semaine d’insomnie, je m’en suis voulue de ne pas arriver à passer à autre chose, j’ai usé des paquets de mouchoirs, j’ai été en colère.

Et puis, tout d’un coup, je me suis dit que je suis quelqu’un de bien.

Que pour des raisons que je ne comprends pas, cette personne-là ne sait pas le voir, ou peut-être pas me le dire. C’est dommage. Mais ça en dit plus sur elle que sur moi.

C’est dur parce que c’est la personne entre toutes dont il était important que j’entende cela, qu’elle me fait confiance, qu’elle croit en moi, que je suis quelqu’un de bien. Ca fait des années que je prends d’elle poison et amour en même temps, sans trop savoir si j’exagère ou pas. En doutant de ce que je ressens, en me disant que toutes les familles sont compliquées, que je prends « tout ça » trop à coeur.

Et là, noir sur blanc, la confirmation de tout le mal qu’elle pense de moi. Et son reproche : je refuse ce qu’elle veut me transmettre, parait-il. C’est vrai : je ne veux pas de cet héritage-là, de mépris de soi (mais je veux bien d’autres transmissions, je ne les renie pas.)

Oh, je sais me remettre en cause, croyez-moi. Je suis bourrée de défauts, je suis maladroite, paresseuse, sur la défensive, je ne vais pas au bout des choses , je manque parfois de générosité et ne suis pas assez disponible pour mes amis … et j’en passe. J’évolue, même si je suis encore bien loin de mes idéaux. J’avance.

Et je suis fabuleuse. (Et fabuleusement entourée).

Ce mail reçu, c’était « marche ou crève ». Continue d’attendre d’elle, et à défaut d’elle de n’importe qui, la confirmation que tu es quelqu’un de bien, d’intéressant, que tu peux t’aimer un peu, et crève en attendant ce qu’elle ne peut te donner ; ou trouve le moyen de prendre soin de toi et de te donner à toi-même ce regard d’estime dont tu as besoin, et marche.

Je ne sais pas pourquoi cette fois, j’y arrive, alors que la théorie, je la connaissais depuis longtemps. Je ne donne aucune leçon. Je me fiche même que vous me croyiez ou pas.

But you know what ? I’m awesome.

Awesome, j’vous dis !

PS : Et toi aussi, t’es fabuleuse. Laisse personne te faire croire le contraire. (Et toi, et toi.)

 

Parfois le silence

  • 27 mai 2011 10 h 19 min

Parfois l’amitié c’est peut-être savoir ne pas être là. En tous cas être discrète.

Ne pas te prendre dans mes bras. Te laisser du temps.

C’est me demander ce que je sais le moins faire.

Je n’ai qu’une envie, là, c’est de caresser tes cheveux. De te faire une natte. C’est drôle, parce qu’on l’a jamais fait, que je ne sais pas faire les nattes, et que je ne sais même pas si tu aimes ça, qu’on te tripote les cheveux.

Au moins te faire un thé.

Je suis heureuse et triste. Je n’ai jamais été aussi heureuse, et j’ai les larmes aux yeux parce que je voudrais tant qu’on soit encore deux à le dire.

J’ai confiance en toi. Je sais qu’il faut que tu en penses par là, que tu ne peux pas faire l’économie des pleurs et de la tristesse sans le payer au centuple après. Il faut que j’accepte que tu aies mal et qu’il n’y a rien à faire pour l’empêcher.

Mais, comme dans la chanson, j’ai le coeur qui penche vers toi …

La vie en vrac

  • 2 mai 2011 7 h 35 min

Dans un bungalow d’un camping quelconque, j’essaie de battre de vitesse mon ordinateur qui s’éteint de façon erratique – et refuse de se rallumer.

J’accompagne le Chapeauté, en formation dans le coin. Ce matin, ses baisers d’au revoir se sont emmêlés dans mon sommeil, la faute à l’insomnie. Demain je l’accompagnerai, à la recherche d’une boulangerie sur la route.

L’ordinateur, donc, est capricieux ; le portable ne se charge plus ; nous avons emmené notre réveil mécanique.

Il y aura un enterrement cette semaine, il faut que nous arrivions à savoir quand. Un oncle du Chapeauté, malade depuis longtemps. On le connaît à peine, mais c’est le frère de ceux que nous aimons. Nous y irons.

Des mails en attente. Ceux qui proposent, ceux qui invitent, ceux qui discutent ou exigent. Je ne commence aucune réponse, l’ordinateur va s’éteindre. (Ma Floh, relis mon dernier mail, la réponse à ta question y est !)

J’ai pris avec moi quelques gros bouquins et deux branches de menthe du jardin à faire infuser.

Nous avons commencé les cartons. L’occasion comme à chaque fois d’un grand tri, pour arriver plus légers, moins encombrants, dans la maison minuscule.

Le Chapeauté a trouvé un pied de menthe qui sent la gariguette.

J’entends les oiseaux.