« Je ne suis pas féministe, mais … »
Cette phrase me donne envie de mordre (et pas comme tu aimerais).
Être féministe, c’est croire qu’hommes et femmes devraient naître égaux en droits, et éventuellement se battre pour.
Quand tu dis « Je ne suis pas féministe, mais », tu dis « Je crois que la femme est inférieure à l’homme, mais » . (Pas juste différente, non, inférieure. J’insiste.)
Tout de suite, c’est moins classe, non ? Ça sent moins la fille libérée-mais-qui-aime-les-hommes-pas prise-de-tête, et plus l’imbécilité, tu ne trouves pas ?
Quand j’étais jeune (au lycée), je n’aimais pas le mot féministe, je disais « égalitiste ». Aujourd’hui j’entends pas mal de gens dire « Je ne suis pas féministe, je suis humaniste ».
Ok. Sauf qu’aujourd’hui, même en France, les femmes sont traitées comme inférieures aux hommes. Donc c’est bien, en priorité, les droits des femmes qu’il faut défendre pour arriver à l’égalité entre hommes et femmes. D’ailleurs, la plupart des courants féministes défendent ponctuellement ou systématiquement les droits des hommes (contre les pubs qui transforment les hommes en objets sexuels, pour le congé paternel …). Donc se dire humaniste, égalitiste ou autre, pourquoi pas : mais du coup, on est aussi féministe.
Soit dit entre parenthèses : il est vrai que nous ne sommes pas les plus à plaindre au monde, nous les femmes françaises, nous dit-on régulièrement comme si le fait que d’autres en chient davantage devrait nous inciter à accepter notre sort plutôt qu’à chercher l’égalité chez nous. (Faudra au passage m’expliquer en quoi ça aide les femmes afghanes que je me la boucle sur ce qui se passe ici).
Lire, suite à la campagne « Mademoiselle : la case en trop », par des gens que j’aime bien en plus, « les féministes sont folles », « les féministes sont connes », « les féministes sont les ennemies de la femme », ça me donne envie de frapper. (Je ne parle pas de la campagne, qui me laisse assez indifférente, et je me fiche un peu de la case en question (qui ne devrait pas exister, légalement), donc j’en cause peu. Mais les réactions …) (Si tu veux tu peux lire Crêpe Georgette sur le sujet)
« LA féministe » n’existe pas. Il y a plein de courants différents, mettre tous les féministes dans le même panier est absurde (ou de mauvaise foi).
Le seul point commun de tous les féministes, c’est de croire que femmes et hommes sont égaux. Ouh les folles (et les fous), les connes (et les cons) … (et oui, il y a des hommes féministes).
Les mots ont un sens.
J’ai pas de conclusion, fais-la toi-même.
Indécence du débat sur le nucléaire. Ah ?
Propos liminaires.
Je n’ai pas la télévision et écoute sélectivement la radio. J’ai sans doute échappé en grande partie à une masse de personnalités antinucléaires de la dernière heure et à leurs grandes déclarations pleines de vide.
Je réagis assez peu à l’actualité sur ce blog, parce que je réfléchis lentement. Je fais une exception, mais ce que vous lirez ensuite est un work in progress, des interrogations, pas un propos construit, solide, argumenté.
Des gens que j’aime bien, notamment là et là, et que je ne peux soupçonner de vouloir masquer le débat sur le nucléaire, parlent de l’indécence de ce débat alors que les Japonais vivent cet évènement monstrueux.
Indécence du nucléaire
Je crois qu’il y a six ans, je savais à peine que le nucléaire existait. La fée electricité éclairait mon appartement, et même le chauffait, sans que j’ai aucune idée du comment. Et puis j’ai rencontré la non-violence, la décroissance, et surtout des gens qui réflechissaient autour de ces notions. Je me suis abonnée à la revue S!lence, je me suis informée, j’ai découvert le scénario Négawatt et le réseau Sortir du nucléaire, j’ai un peu agi par exemple en choisissant enercoop comme fournisseur d’electricité, en réduisant ma consommation, en manifestant, en essayant d’informer.
Je suis contre le nucléaire, ça ne veut pas dire que j’ai la solution. Il n’est pas possible d’arrêter le nucléaire du jour au lendemain. (Est-il possible d’accepter le risque que nous courons actuellement ?) Mais je veux qu’on en parle, que la question soit posée, et qu’on admette que le nucléaire est dangereux, qu’on ne sait trop quoi faire des déchets, que des fuites sont possibles, que les conséquences humaines seront catastrophiques.
Et quand le Japon souffre ?
A ma très modeste échelle, j’ai donc dit qu’une catastrophe comme celle-ci était possible. La catastrophe arrive. Loin, mais elle arrive, à des êtres humains. Nous connaissons tous quelqu’un qui aurait pu être là-bas, à quelques jours près, au moins, ce qui rend tout cela encore plus tangible … Mais surtout, cela arrive à des êtres humains.
Je suis effarée et désolée au-delà des mots pour les Japonais. Mais pour les respecter, je devrais me taire alors qu’une catastrophe prévisible est arrivée, et que les puissants continuent à nier ?
Qu’est-ce que ma minute de silence apportera aux Japonais ? Je vais essayer de faire quelque chose, dès que j’y verrai un peu plus clair, simplement de donner un peu, comme dit Ma Cocotte. Ma goutte d’eau. Mais me taire ?
Certains m’ont dit qu’il était indécent de dire « Je vous l’avais bien dit » pendant que des êtres humains se font irradier là-bas. Mais ce n’est pas ce que je dis. Je m’en fiche « d’avoir eu raison », je voudrais tant avoir eu tort. Le problème, c’est d’avoir encore raison. Le problème, c’est que le danger existe toujours, et il est maintenant indéniable – même si certains s’ingénient à le minimiser.
Moi je crois que ceux qui parlent d’indécence de bonne foi, ce qu’ils trouvent vraiment moche, c’est justement que des êtres humains se fassent irradier.
C’est terrible que le débat sur le nucléaire finisse par exister à cause d’une telle catastrophe. Ce qui serait plus terrible encore, c’est qu’il continue à ne pas exister.
Que fait ma banque avec mon argent ?
Il y a quelques années, je me suis intéressée à ce que moi je faisais avec mon argent. Est-ce que je le dépensais dans des trucs que j’approuvais (les petites surfaces agricoles, les librairies indépendantes, les thés équitables et les boutiques de fringues d’occasions) ou dans ceux que je trouvais moches (les zones commerciales goudronnées, les supermarchés aux néons, les trucs produits dans des conditions sociales pourries), et dans quelle proportion ?
Et puis après, je me suis dit, et l’argent que je ne dépense pas ? Qu’est-ce qu’elle en fait, ma banque ?
J’ai cherché l’info.
Et j’ai pleuré.
Violations diverses des droits de l’homme, travail des enfants, néo-esclavagisme, trafic d’armes …
J’ai cherché une autre banque. Et j’ai à peu près trouvé.
Eusèbe, qui commente de temps en temps ici, a suivi plus ou moins la même démarche, et nous fait l’honneur de parler ici de la NEF. Je l’en remercie, et espère que vous apprécierez (parce que si c’était moi qui vous avez rédigé tout ça, ce serait beaucoup plus long et moins clair)
La Nef, qu’est-ce que c’est ?
La Nef n’est pas (encore) une banque (mais elle y travaille), c’est un organisme financier autonome, agréé par la Banque de France, qui exerce une double activité de collecte d’épargne et d’octroi de crédit.
Elle offre aux épargnants la même sécurité que tous les autres organismes financiers français. Elle est soumise aux mêmes règles de prudence et aux contrôles de la Commission bancaire.Tous les dépôts sont donc garantis.
La Nef propose des comptes d’épargne qui permettent de choisir les domaines d’affectation prioritaire : insertion et logement social, écologie, agriculture bio et énergies renouvelables, pédagogie, activités culturelles, etc.
LA différence fondamentale entre la Nef et les banques, c’est donc la transparence dans leur façon d’investir. Notre argent n’est pas joué en bourse, ne finance pas des grandes multinationales, et n’est pas placé dans des domaines contraires à notre éthique (armement, industrie polluante…). Et la Nef sait dire comment est utilisé l’argent qui lui est confié ! (A titre d’exemple, Mme Eusebe et moi réfléchissions il y a peu à ouvrir une assurance vie, un placement très en vogue ; notre assureur était incapable de nous dire comment était placé l’argent).
A 2% près, la Nef investit l’argent de ses sociétaires dans des domaines cités plus haut, au prorata de ce qu’ont demandé leurs sociétaires.Les placements sont rémunérés, mais on peut reverser tout ou partie des intérêts à une association de notre choix (ceci est aussi proposé par le Crédit coopératif, d’ailleurs).Quelle est la différence avec le Crédit coopératif ?Aujourd’hui, la Nef n’étant pas encore une banque, elle s’appuie sur les services bancaires du Crédit coopératif. ça signifie que pour ouvrir un compte Nef, il faut passer par une agence Crédit coopératif. Le Crédit coopératif, à l’origine banque d’entreprises, a une longue tradition d’action en faveur des organismes de l’économie sociale : associations, fondations, hôpitaux, maisons de santé, etc. Il a développé une gamme de produits d’épargne solidaire, principalement destinée aux particuliers. Ces produits fonctionnent sur le mécanisme du partage d’intérêts : c’est le don d’intérêt effectué par l’épargnant au profit d’une association partenaire qui rend le produit solidaire. Parallèlement à cela, le Crédit Coopératif continue à développer son activité de banque de l’économie sociale.
La Nef quant à elle va au-delà du simple partage d’intérêt : elle s’engage à utiliser l’argent déposé par les épargnants pour financer des projets qui sont tous respectueux de l’être humain et de la nature. C’est ce mécanisme qui rend les comptes Nef solidaires. Elle va plus loin encore en fonctionnant en toute transparence et en publiant l’intégralité des prêts effectués chaque année. Soucieuse d’agir de façon responsable sur les circulations financières, la Nef exclut délibérément de son champ d’action tout projet qui serait nuisible à l’homme ; elle exclut également tout recours à des placements financiers spéculatifs sur les marchés boursiers. (Source: http://www.lanef.com/corporate/faq.php#15)
Note: La Nef travaille avec une banque espagnole et une banque italienne, toutes deux dans la même philosophie, pour créer la banque éthique européenne, qui leur permettra de mieux gérer leurs finances. Car aujourd’hui, passer par le crédit coopératif représente un coût financier pour la Nef.
Le guide des banques des Amis de la Terre.
Engrais verts