Brèves
- J’ai arrêté d’essayer de mettre la belette au sein, c’était trop difficile d’encaisser ses refus. J’attends les moments où elle « demande » et lui présente à ce moment-là, juste pour un câlin.
- A portée d’yeux quand je tire mon lait, trois photos pour m’encourager : un baiser entre le Chapeauté et moi, moi enceinte de huit mois dans le jardin, la belette endormie.
- Notre toute petite maison est encore trop pleine : désencombrer, épurer vous dis-je !
- Je rêve de prendre des bains avec la belette, peut-être après en fin de printemps si on arrive à financer les menus travaux et à les faire, nous les bricoleurs du 29 février. L’envie d’apprendre est là en tous cas.
- Une collègue m’avait dit qu’en faisant des enfants, on découvrait aussi leur père, dans ses bons et ses mauvais côtés. C’est vrai, et je me découvre aussi moi-même, et notre relation.
- Montagnes russes émotionnelles entre épuisement et émerveillement, angoisse et confiance, qui circulent entre nous trois.
- Je prends des notes pour plus tard : toujours garder à l’esprit que notre enfant sera un jour autonome, qu’elle l’est déjà un tout petit peu, que je serai en désaccord avec elle, que je ne la comprendrai pas toujours, et espèrer cependant que je lui témoignerai alors comme aujourd’hui amour et soutien.
- Besoin malgré tout le bonheur de crier ma frustration, ma colère, mon désarroi, ma fatigue parfois. (Merci à la mare et à ses têtards pour ça !)
- Bientôt, dormir.
Noël tout simplement
Le Chapeauté ne voulait pas fêter Noël en famille cette année, trop de kilomètres et de chambardement pour une jeune belette et ses parents ensommeillés. Mais quelques jours avant, sa soeur et moi lui ayant redit notre envie de nous retrouver, il a déniché la sienne.
Un Noël préparé en quelques jours, pris comme par surprise. Nous voilà dix, trois petites familles et l’arrière-grand-mère soudain réunis. Un repas moins raffiné qu’à l’ordinaire, plus digeste et délicieux, chacun a apporté un plat. Des cadeaux plus simples aussi, quelques livres, un cadre pour une photo choisie avec soin, des gourmandises, des habits tricotés par la grand-mère. Une fillette de sept ans heureuse et émue de découvrir sa toute petite cousine, murmurant d’une voix tremblante en la tenant dans ses bras « … Ca me fait des émotions … », des balades en amoureux dans le village d’enfance du Chapeauté, la tisane prise chez l’arrière-grand-mère sur la route du retour le lendemain, et moi qui me surprend à me sentir à ma place, dans cette famille qui n’est plus seulement celle de mon amoureux mais aussi celle de ma fille, où la chaleur s’exprime peu mais où le respect pour les choix de chacun est acquis.
Souviens-toi de ce moment
Souviens-toi de ce moment.
La sieste dans la pénombre de l’après-midi de cette fin d’automne, le réveil, les caresses ; et puis juste à côté, dans son hamac, l’enfant qui s’agite.
Tu t’es redressée, puis inclinée sur le berceau. Tu as installé l’enfant entre vous, peau tendre contre peau tendre, elle s’est rendormie, paisible et parfaite.
Souviens-toi fort de la tendresse qui inondait la pièce, de cette impression de vivre un moment qui cristallisait le bonheur de ta vie, du visage de ton amour, du visage de l’enfant.
Engrais verts