La bouseuse

La vie à la campagne pour les nuls
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Aujourd’hui acheté

  • 5 janvier 2012 13 h 34 min

Dans notre maison minuscule il y a peu d’objets que nous avons acheté neufs.

Le fauteuil, le meuble à tiroir, les étagères, trouvés dans la rue. La table, les chaises, la commode, récupérés. Le tapis, le canapé, le lit d’enfant (qui sert de coffre à jouet), les poufs, offerts. La bibliothèque, la table basse, l’autre table, chinés. Et puis, quand même, achetés neufs : le grand matelas pour le sommeil partagé, le bureau, le meuble d’apothicaire, le hamac, les tabourets.

Vivre dans la maison minuscule prolonge l’évolution de mon rapport aux objets, et à leur possession. Depuis quelques années, par conviction politique et par goût, je fais attention à ce que j’achète, selon des critères écologiques et sociaux. Aujourd’hui c’est, en plus, l’espace qui vient me limiter : par exemple, moi qui n’ai jamais imaginé ma maison autrement que croulant sous les bouquins, je n’en ai pas la place. La bibliothèque municipale devient alors une extension de ma bibliothèque, je vais essayer de lui donner les livres dont je n’ai pas l’utilité quotdienne, et lui suggérer davantage d’achats. J’aime assez ces limites qui nous obligent à ne garder que l’utile, voire l’essentiel. Bientôt une autre limite, économique, se fera plus contraignante, puisque le Chapeauté arrivera en fin de droits tout en restant père au foyer pendant que je réduirai mon temps de travail.

(C’est le contraire de la précarité, puisque nous l’avons choisi, et que la situation est réversible.)

 

J’ai découvert les 366 réels à prise rapide de Raymond Queneau grâce à Lyjazz.  Il s’agit d’écrire quelques lignes par jour, tous les jours, en commençant par une expression (répertoriée dans un calendrier perpétuel). Je vais essayer d’être régulière !

Les caprices d’Ophélie

  • 26 juillet 2011 18 h 15 min

Si je m’appelais Ophélie, mes caprices seraient nobles et tragiques. Ils ne seraient plus des caprices mais la seule façon de vivre encore un peu, la réalisation de l’impossible.

Mes caprices sont plus superficiels. Je veux qu’il s’arrête de pleuvoir maintenant. Je veux un cerisier avec un demi-millier de cerises devant ma maison. Je veux avoir fait sans avoir cessé de glander. Je veux connaître la date de mon anniversaire surprise mais que ce soit une surprise quand même. Je veux le même couvre-chef que Rachel dans l’épisode 14 de la saison 7 pour l’occasion, et que tout le monde soit là, même toi. Je veux un œuf à la coque chaque matin au petit déjeuner (avec des mouillettes) et plus jamais avoir le nez bouché. Je veux être rousse. Et tant qu’à tant pleuvoir je voudrais bien qu’il neige.

Je veux maintenant, tout de suite. Je veux pour toujours. Je veux que ce soit inattendu, tendre, fou, que j’en aie des provisions dans le cœur pendant mille ans. Je ne veux pas le mériter et l’avoir quand même, inconditionnellement.

Des cadeaux (et de mon anniversaire)

  • 25 juillet 2011 14 h 34 min

Je me passe allégrement de cadeaux, en général (et ça tombe bien, parce que le Chapeauté a du mal à en faire). Cela dit, j’aurai 30 ans dans dix jours (mais on fera la fête dans un mois, plus ou moins), et à cette occasion, je crois que j’aimerais bien en recevoir.

Il est cependant compliqué de m’en faire. Je suis difficile, et quand ça ne me plaît pas, j’ai des fous rires inextinguibles.

Je n’aime pas trop les objets. Enfin, la plupart des objets. Je me méfie d’eux, je crois. De leur promesse factice d’augmenter mon bonheur – des années de pub, ça marque. Et j’aime me sentir légère (c’est une vue de l’esprit).

Pourtant il y a des objets que j’aime, et qui augmentent mon confort. Et même, dont la simple vue me fait sourire. Comme les bols doux à la main, en poterie, faits par un artisan d’un village voisin. Comme mon orchidée tachetée qui se regarde dans le miroir, s’assurant chaque jour d’être la plus belle. Comme le tableau – arbre à empreintes fait lors de notre mariage, les DVD de Miyazaki, certains livres ou les instruments de musique du Chapeauté.

D’accord, il y a des objets que j’aime, mais je suis difficile. Je ne veux pas que ce soit encombrant, j’aime que ce soit beau et utile, et fait par des gens qui ont aimé le fabriquer.  Mais beau, c’est très subjectif … En gros, j’aime qu’un objet soit à la fois simple et élégant, avec un détail qui le rend unique. Pas beaucoup moins subjectif …

Ensuite, si on m’offre un cadeau, je souhaite qu’il soit pour moi. Pas pour nous, pas pour l’enfant à venir, pas pour la maison … Et comme j’ai tout pour être heureuse (même une orchidée tachetée) …

Je pourrais faire une liste. Je pourrais …