La bouseuse La vie à la campagne pour les nuls

La bouseuse
Il n’y a que des femmes au groupement d’achat

et ça m’énerve.

On a en gros une réunion par trimestre, où l’on fait notre commande groupée, et une fête par an, où l’on mange ensemble, décide des orientations et notamment des fournisseurs pour l’année à suivre, et éventuellement planifie la projection de tel film ou la rencontre avec telle association. Nous sommes dix « familles ».

Dans les réunions de commandes, il y a en général dix femmes, et un homme, celui qui habite là. Parfois un autre, qui accompagne sa conjointe. Depuis deux ans que je suis dans ce groupement d’achat, je n’y ai jamais vu un homme venir seul (y compris le Chapeauté), alors que la plupart du temps les femmes ne sont pas accompagnées.

Ça m’énerve. J’ai mis le sujet sur le tapis lors de la dernière fête – où les hommes sont plus nombreux, on atteint presque la parité, du moins au moment du repas. Mais je l’ai fait au moment de la réunion, et ils n’étaient pas encore arrivés ou déjà repartis.

Et là, surprise : gros processus collectif de déni. Chaque femme présente expose que son fonctionnement de couple est très égalitaire, que si son conjoint ne s’occupe pas des courses ça n’a rien à voir avec un schéma classique de répartition homme femme, c’est un choix de couple, personnel, lalala.

Hé, nous aussi on a une excellente raison pour laquelle le Chapeauté ne vient jamais seul à ces réunions : il n’a pas le permis, et pourquoi j’y vais souvent seule, il est absent la semaine. Et pour Unetelle, c’est qu’il garde les enfants, pour une autre, qu’il est encore au travail, etc … Je ne suis pas en train de remettre en cause telle ou telle organisation personnelle, ou de dire que nous faisons mieux que vous autres – on fait pareil.

Mais si sur dix familles, la totalité ont fait le choix personnel et librement assumé que ce soit Madame qui s’occupe des courses, on peut en faire le constat et y réfléchir, non ?

 

11 réponses à Il n’y a que des femmes au groupement d’achat

  1. L'Astronome says:

    Dans ma précédente vie de couple, je m’occupais seul des courses et de la préparation des repas. Du coup, TOUTES les attestations rédigées par des proches et des amis (dans le cadre sordide de la bataille judiciaire pour la garde des enfants) le précisent, sans exception… Symptomatique, non ?

  2. Floh says:

    Donc dès que le Chapeauté sera présent en semaine, il ira seul? ;) )
    Je pense que chaque famille a une bonne raison. Je ne suis pas certaine que ce soit un déni…
    Ce que je crois par contre, c’est que dans l’organisation quotidienne d’un foyer, si une touche de communautarisme et de sensibilité écologique est amenée, c’est bien souvent par une femme. D’où la raison de leur présence souvent seule, ou alors accompagnée.
    Il y a un constat à faire oui, mais j’ai la sensation que c’est à formuler différemment, même si je n’y arrive pas mieux.

    @L’Astronome: symptomatique? Mmh, pas certaine pour le coup. Si le schéma avait été inversé, je pense que les attestations des proches les auraient également mentionnées, du genre « ne participe pas du tout aux tâches familiales »…non?

    • La bouseuse says:

      « Donc dès que le Chapeauté sera présent en semaine, il ira seul? » Je n’en sais rien ;)

      Pour moi, refuser de réfléchir à quelque chose, c’est un déni. Et certainement plein de choses à formuler différemment, mais ce qui m’énerve, c’est que ça n’intéresse pas grand-monde, de chercher à les formuler !

  3. A mon sens, si toutes les familles ont fait ce choix, c’est avant tout parce qu’elles le voulaient bien, effectivement, et que dans l’inconscient collectif, courses=femme=OK. Si les circonstances avaient été autres, il y a mon avis fort à parier que les femmes auraient modifié leur programme, à grands coups de « laisse, je m’en occupe » …

    Ce qui me ramène à une idée qui me trotte depuis longtemps, à savoir que si les hommes ne font pas certaines tâches, c’est justement parce que certaines femmes ne leur font pas confiance… Et qu’après, elles « accusent » les circonstances ! (Si, si, moi aussi je fais pareil, des fois. Mais je me soigne !)

  4. Lizly says:

    J’ai grandi dans un schéma où l’homme faisait les courses. C’était toujours l’affaire de mon père.

    Dans mon couple, les choses se sont assez naturellement organisées autour d’un partage des tâches mais pas forcément dans le sens où on l’entend le plus souvent c’est à dire « il passe l’aspirateur, elle lave le linge, elle gère le lave vaisselle, il fait la cuisine ». Non, on partage dans le sens qu’on fait ensemble. Pas tout le temps parce que ce n’est pas toujours possible mais en général, on s’occupe ensemble de préparer le repas, faire le ménage… et faire les courses.

    • La bouseuse says:

      Moi c’était la cuisine l’affaire de mon père, et j’ai longtemps cru que leurs tâches étaient équilibrées grâce à ça. Et puis un jour je me suis rendue compte que tout le travail « invisible » (le linge, les grosses courses …) revenait à ma mère.

  5. Pingback: La femme qui n’était pas comme les autres car elle était une femme |

  6. Je trouve ces questions de partage de tâches assez délicates. En théorie, on était d’accord avant que je prenne mon congé parental que celui-ci était destiné à s’occuper des enfants pendant les heures où le papa était au travail et que le reste du temps, on se partagerait le reste. En pratique… on en est assez loin pour différentes raisons dont je mesure mal l’importance relative mais on essaie de progresser !

  7. Eleusie says:

    On peut engager une réflexion à l’aide de « l’injustice ménagère  » de François de Singly, c’est très enrichissant

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